Entretien avec Laura Galán, actrice dans Cerdita

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Bref questionnaire
Nom : Laura Galán
Profession : Actrice
Film préféré : « L'aube, c'est pas trop tôt », (en espagnol, Amanece, que no es poco)
Acteur et actrice de référence : Meryl Streep ou Al Pacino me coupent le souffle. Mais je retiens aussi des nationaux, Carmen Machi et Javier Gutiérrez qui sont de grands exemples pour moi.
Voyage de rêve : Parcourir les Etats-Unis
Lieu préféré : La maison de mes parents
Dernier livre lu : Décalcomanies, par Oliverio Girondo
Quelles séries à ne pas manquer : Game of thrones. Petits secrets, grands mensonges, The Young Pope ...
Une pièce de théâtre à voir : soit Wajdi Mouawad ou Andrés Lima.


Questions

1. Cerdita parle de l'humiliation et de la terreur qui en découle. Je me souviens quand j'ai vu Elephant Man de Lynch, combien toutes les personnes étaient plus effrayées que l'homme éléphant lui-même. Comment vous êtes-vous préparé mentalement à tourner Cerdita ?

Le plus important était d'échanger des opinions avec la réalisatrice, Carlota Pereda. Dans cette société, les mauvais traitements, les vexations et l'humiliation sont à l'ordre du jour. Je me considère être une femme très chanceuse et je n'ai jamais eu à vivre de cas d'intimidation graves, mais nous avons tous plus ou moins connu, dans une certaine mesure, un épisode proche de ce qui arrive au personnage de Sara. Il était aisé d’être en empathie avec elle et l’une des choses j’ai toujours pensé, c’est que les monstres ne viennent pas d’autres planètes, ni ne sont sous le lit, c’est nous-mêmes. L'être humain.

2. Cerdita est pour moi un court métrage absolument nécessaire. Pourquoi Cerdita est-il vraiment à voir et à ne pas le manquer ?

Parce que je pense que Carlota a fait une proposition visuelle très intéressante et que l’utilisation du véhicule de la terreur nous conduit à aborder sans tabous la réalité la plus crue. Bien que la réalité dépasse toujours la fiction, malheureusement. Mais Cerdita nous montre la peur et l'horreur de se sentir différente. Ou qu'ils vous font croire que vous êtes différent, inférieur. De l'intimidation.

3. En tant que femme du monde de l’audiovisuel, avez-vous ressenti des difficultés supplémentaires dans votre travail ? Pensez-vous que vous avez moins d’opportunités en étant une femme ?

Malheureusement oui. Cela est vrai dans toutes les professions et la nôtre ne fait pas exception. A cela s’ajoute la difficulté que présente précisément mon profil. Toutes les actrices et tous les acteurs sont continuellement évalués sur leur physique, mais nous les femmes avont plus d'obstacles, plus de contraintes. Et l’effroi à la pensée de ce que l’on va trouver à mesure que l’on avance vers l’âge de la maturité. Nous continuerons à nous battre et à rechercher davantage de personnages féminins, davantage de personnages féminins de tout âge et davantage de personnages féminins de tout type de physique.

4. Parlons maintenant un peu de vous, vous avez une carrière dans le théâtre et à la télévision. Comment avez-vous commencé au tout début ? Qu'avez-vous étudié ? A-t-il toujours été évident pour vous que vous alliez vous consacrer à cela ?

Je pense que, depuis le plus jeune âge, l'interprétation était là mais je ne savais pas de quelle manière. J'ai commencé à suivre des cours de théâtre dans des activités parascolaires à l'école, puis au lycée, et cela jusqu'à mes 18 ans où je me suis rendu compte que je devais me positionner dans ce domaine fermement. C’est là que j'ai trouvé mon école Arte4 Estudio de Actores, à Madrid. C’est là j'ai passé un diplôme d'art dramatique.

5. J'aimerais vous demander s’il y a une expérience qui aurait marqué un avant et un après dans votre carrière ? Cela a-t-il été positif ou négatif ? Qu'en avez-vous appris ?

A partir du moment où vous commencez à entrer en contact avec l'interprétation, vous commencez à vivre de nombreuses expériences étonnantes. Mais je pense qu’un pilier important de ce que je suis maintenant a commencé à être construit lorsque j’ai rencontré le réalisateur Andrés Lima. J'ai commencé par être son assistante, puis il m'a fait confiance en tant qu'actrice dans plusieurs de ses productions. Avec lui, j'ai construit progressivement mon espace, j'ai trouvé petit à petit mes outils personnels en tant qu'actrice et j'ai évolué. Et un autre point très important a été le tournage de mon premier film, « L'homme qui a tué Don Quichotte », de Terry Gilliam. Les mots manquent pour évoquer ce génie.

6. Enfin, quels conseils donneriez-vous aux femmes qui veulent se consacrer à cette profession, réalisatrices, scénaristes, productrices, actrices ...

Qu'elles le fassent avec courage, qu'elles apprécient chaque pas et qu'elles aient confiance en elle-mêmes, car tout est possible.